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Titre : Voyage à Rodrigues
Auteur : J.M.G. Le Clézio
Edition : Gallimard<o:p></o:p>
Collection : folio<o:p></o:p>
ISBN: 2070402096<o:p></o:p>
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Le voyage à Rodrigues est dabord un pèlerinage de JMG Le Clézio sur les pas de son grand-père, Mauricien, chercheur de trésor, qui lui-même, inlassablement, pendant une grande partie de sa vie, au début du 20e siècle, de 1902 à 1930, a marché sur les traces illusoires de pirates fantomatiques qui auraient débarqué un jour, avait-il besoin de croire, dans lAnse aux Anglais, à Rodrigues, pour y cacher le fabuleux produit de leurs razzias légendaires.
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Illusion nécessaire, obsession salutaire, sans doute, qui animent ce personnage de roman dans sa quête en rond, dans son infatigable recherche de signes sur les roches, les arbres, le ciel.
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Car cest bien de cela quil sagit : chercher du sens, et, rien quen ce faisant, donner un sens (une direction, un « objectif », dirait-on aujourdhui) à lexistence, à une existence de fonctionnaire port-louisien probablement plombée dennui et de banalité.
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Alors, le lecteur suit JMG le Clézio qui suit son grand-père qui suit Le Privateer qui suit toutes les voiles au trésor
Le lecteur cherche le sens, son sens, dans la poursuite de ce mirage quest lhistoire, qui elle-même tourne et tourne et tourne, et toutes ces quêtes se superposent et semmêlent, comme se superposent et semmêlent les traces et les lignes posées par chacun sur la carte et sur les paysages de lAnse aux Anglais.
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Des personnages illuminés dans un récit quelque peu hallucinatoire : ce petit livre grise, surtout quand le lecteur (cest le cas de celui qui rédige cette note) connaît les lieux où vont et viennent et reviennent le grand-père, le pirate, le narrateur. Il y met aussitôt ses propres souvenirs. Comme tous les mélanges, celui-ci soûle vite et bien.
Lorsque le même lecteur connaît par ailleurs à Maurice la maison dEurêka (la maison de famille construite à Moka par larrière-arrière grand-père Eugène), la Montagne Ory, le Pouce, les Deux Mamelles, Piether Both (la seule énumération des toponymes nest-elle pas enivrante ?), le voyage devient son voyage, aussi, en plus, et tous les personnages sont ses compagnons, ou ses prédécesseurs, pour cette manière dinitiation.
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Patryck Froissart, le 18 mai 2006