<nobr>Car on pourrait dire que le long de ce siécle lhomme médiéval, A qui la</nobr>
<nobr>philosophie avait déjá appris sa constitution ontologique, et que la morale chré-</nobr>
<nobr>tienne avait dégrossi en le faisant réfléchir sur ses passions (dans le sens large</nobr>
<nobr>du terme), commence á se découvrir un mol profond. II le fait certainement gui-</nobr>
<nobr>dé par les manuels de confession de lépoque, les livrcs mystiques ou méme les</nobr>
<nobr>traités de logique, mais sa curiosité va dépasser ces premiéres aides. De cette</nobr>
<nobr>fagon, loeil qui entreprend de regardertous les replis internes du moi va con-</nobr>
<nobr>cevoir aussi la mélancolie non seulement comme un probléme médical ou une</nobr>
<nobr>case dans un systéme de vices et qualités, mais commme un état dcsprit qui</nobr>
<nobr>mérite une longue exploration et une descriptiorí psychologique approfondie.</nobr>
<nobr>Description qui dégagera une morphologie complexe avec des nuances de tris-</nobr>
<nobr>tesse, dangoisse et de désespoir. entre autres, qui masiifestent une impuissance</nobr>
<nobr>fondamentale pour accomplir un projet social et spirituel au sein dun univers</nobr>
<nobr>qui héberge lhomme.</nobr>
<nobr>Dans les pages qul suivent, je proposerai de survoler la sensibilité du moyen</nobr>
<nobr>áge tardif pour dénicher certains points communs ayee la sensibilité romantique</nobr>
<nobr>franyaise, et ceci A partir des textes de Charles dOrléans, un homme de [ano-</nobr>
<nobr>blesse que les circonstances de la vie obligérent A sétudier et A sécrire. Nou-</nobr>
<nobr>blions pas, en outre, que ce prisonnier des anglais passa plus de vingt ans dans</nobr>
<nobr>un pays féru de mélancolie, pays qui léga la niode du spleen au continent dés le</nobr>
<nobr>XVe siécle et notamment lors du Romantisme.</nobr>
<nobr>II existe dabord des circonstances trés particuliéres dans la vie de Charles</nobr>
<nobr>dOrléans, sources chez lul de thémes qui feront fortune parmi les romantiques</nobr>