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Titre : La malédiction de Râ
Auteur : Naguib Mahfouz
Editions LArchipel (1998)
Titre original : Abath Al-Aqdar
Traduit de larabe égyptien par José M. Ruiz-Funes et Ahmed Mostefaï
ISBN : 2841871142
235 pages
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Cest là le premier roman de Naguib Mahfouz, écrit en 1939.
Le puissant pharaon Kheops, deuxième souverain de la IVe dynastie, qui a fait construire la grande pyramide de Guizeh, apprend, alors que viennent de commencer les travaux de ce qui sera considéré comme une des merveilles du monde, quun fils est né au grand-prêtre de Râ, Man-Râ, et quun devin a prédit que lenfant deviendra pharaon à la place des princes héritiers.
Le pharaon, à la tête de son armée, part aussitôt pour Awn, résidence du grand-prêtre, et fait tuer le nouveau-né.
Comme le veut la tradition littéraire, lenfant dune servante, né le même jour, est substitué au fils de Man-Râ, et le futur usurpateur est sauvé par une autre servante qui lemporte à Memphis et lélève comme son fils.
Djédef grandit, entre dans la carrière militaire, est remarqué par la famille royale, gravit rapidement et brillamment les grades, développe une histoire damour avec la princesse Mérésankh, fille du pharaon, etc., et la prédiction saccomplira.
Toutes les péripéties que vit le héros relèvent de la veine conventionnelle du roman daventures, la structure est simple, voire simpliste, proche de celle du conte non merveilleux, et les situations, rebondissements et enchaînements empruntent sans guère doriginalité aux ficelles, aux facilités et aux clichés du roman-feuilleton populaire européen.
Il faut se souvenir que Naguib Mahfouz essayait là sa plume : cette première uvre, peut-être décevante pour le lecteur qui la découvrirait après avoir lu, par exemple, LImpasse des Deux Palais, na rien déblouissant, et ne laisse rien présager du génie qui lui inspirera ses romans ultérieurs.
La vérité historique, qui caractérisera le Mahfouz grand romancier et metteur en écriture de lEgypte moderne, nest pas ici un gros souci. Certes un Djédef-Ré a bien succédé à Kheops, et a régné, plutôt obscurément, juste avant Khephren et Mykérinos, mais ceci nest que prétexte littéraire qui permet à lauteur de mettre en relief le thème de la fatalité, du destinateur qui possède la clé de lHistoire, à quoi nul ne peut échapper, même le plus puissant, qui croit pouvoir changer ce qui a été, une fois pour toutes, écrit (maktoub).
Néanmoins le livre se lit avec plaisir, comme une espèce de roman de Christian Jacq, du fait que lintrigue se déroule dans une Egypte antique qui nen a pas fini de fasciner.
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Patryck Froissart, St Benoît (Réunion), le 17 septembre 2006