• Un si long voyage

    Auteur : Rohinton Mistry

    Titre : Un si long voyage

    Traduit de l’anglais par Françoise Adelstain

    Genre : roman

    Editeur : Albin Michel (Paris, 2001)

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    Chronique de la vie quotidienne des habitants d’un immeuble, le Khodadad Building, à Bombay, sur fond de guerres indo-pakistanaises et de corruptions en tous genres prêtées par l’auteur à Indirah Gandhi, à son fils le play-boy amateur de belles voitures, et à leur entourage, ce roman prenant a pour personnages centraux Gustad Noble, un Indien zoroastrien, employé de banque, locataire respecté d’un des appartements du bâtiment, et son admirable épouse Dilnavaz.

    La vie de Gustad, au moment où commence le récit, va connaître une série dramatique de turbulences.

    Son fils aîné le déçoit dans son choix d’études supérieures. Les disputes s’enchaînent, jusqu’au départ définitif de Sohrab, que Dilnavaz, en cachette de son mari, tentera de faire revenir par la pratique de la sorcellerie, que lui enseigne une étrange voisine, Miss Kutpitia.

    Sa fille Roshan tombe gravement malade, son fils cadet, amoureux d’une jeune voisine, est la cause de querelles entre ses parents et ceux de l’adolescente.

    Mais surtout réapparaît dans la vie de Gustad un ancien ami qui, à sa profonde déception, ne lui donnait plus signe de vie depuis des années, le mystérieux major Jimmy Bilimoria, qui travaille pour les services secrets du premier ministre, et qui va l’entraîner malgré lui dans une sombre affaire de détournement de fonds spéciaux alloués à l’agent secret par Indirah Gandhi pour, prétendument, aider la guérilla kashmirie, mais dont la vraie destination est, à leur insu, les comptes bancaires secrets de la famille du PM.

    Gustad accepte d’aider le major, par amitié. C’est par amitié également qu’il implique dans l’histoire son collègue Dinshawji. L’amitié, voilà le moteur du roman. Pour Gustad Noble, l’amitié excuse tout, et oblige à tout.

    Gustad n’est pas Noble que de nom. Mistry campe là un beau personnage, bon, quoique entêté parfois jusqu’à refouler par exemple l’amour qu’il porte à son fils quand celui-ci veut avoir raison contre lui.

    On le verra tout au long du roman se laisser porter par cette bonté, partagée par l’épouse exemplaire.

    On rencontrera des personnages étonnants, comme l’idiot Tehmul, le chrétien Malcolm, le docteur Trésorier, Peerbhoy, le vendeur de paans et griot qui commerce devant le quartier célèbre de la Maison des Cages (haut lieu historique de la prostitution à Bombay), l’agent de liaison Ghulam, cynique et sinistre, Miss Laurie Coutino, la collègue de la banque dont les mini-jupes font fantasmer tous les employés.

    On sera plongé dans le Bombay des années soixante-dix, foisonnant, fascinant, et on partagera en particulier les traditions culturelles et religieuses de cette communauté d’origine parsie, ces zoroastriens discrets qui possèdent pourtant d’immenses empires commerciaux (par exemple la famille Tata), et on assistera aux cérémonies mortuaires de la Tour des Vautours, aux pratiques pour nous si effrayantes de l’exposition des morts, et on apprendra à respecter, estimer, et aimer ces adorateurs du soleil.

    Une fois de plus, le roman aura rempli son rôle culturel, par le talent d’un Rohinton Mistry, devant lequel le lecteur ne pourra que s’incliner, par admiration et reconnaissance.

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    Patryck Froissart, le 18 février 2006

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