• Un garçon convenable

    Auteur : Vikram Seth

    Titre : Un garçon convenable

    Traduit de l’anglais par Françoise Adelstain

    Genre : roman

    Editeur : Bernard Grasset (Paris)

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    Ce roman foisonnant de 1200 pages entraîne le lecteur dans l’Inde du milieu du XXe siècle, quelques années après l’indépendance. Le récit commence par un mariage, et se termine par un autre.

    La plupart des personnages entrent en scène au cours de la première soirée de noces. Les caractères, très fortement campés, s’esquissent d’emblée, par le biais des discours, des gestes, des comportements, des réactions des uns et des autres. Quatre familles s’y croisent, s’y allient, y font connaissance ou s’y retrouvent : les Khans, les Chatterjis, les Mehras, les Kapoors. 

    Les faits, gestes et petits incidents de la soirée annoncent en réduction le ballet, d’amours et de haines, d’estime et de jalousie, de tolérance et de racisme, d’actes héroïques et d’intrigues sordides, qui se déroule ensuite sur quelques années.

    L’histoire de chacun, à partir de cette scène, va connaître joies, disputes, drames, deuils, sur fond de luttes politiques nationales et régionales, et au fil des cérémonies religieuses musulmanes et hindoues, dont l’auteur dresse une chronique précise, sans complaisance. Les personnages initiaux, de religions, de partis, de régions et de castes différents, participent, certains au plus haut niveau, aux événements politiques et sociaux de l’Inde de Nehru, et les événements de leur vie privée, en retour, sont étroitement liés à l’Histoire, souvent troublée, de cette période.

    Le lecteur se laisse très vite prendre dans le courant qui charrie les êtres et les âmes, les individus et les masses, de Brahmpur à Calcutta, de Bombay à Delhi, des villages des campagnes aux mégapoles.

    Le fleuve qui l’emporte est tantôt calme, empli de poésie, tantôt tumultueux et dévastateur. La paix, la violence, le raffinement, la barbarie, l’amitié, la trahison, le chant des poètes et le discours politique, la joie et la souffrance, tout y est, et l’alternance des rythmes narratifs fait de l’ensemble un voyage dans l’Inde profonde qui ne peut que plaire à ceux qui aiment, à travers l’histoire romanesque, s’immerger dans la culture (en l’occurrence dans les cultures) d’autrui.

    Parcourir ce livre procure étourdissement, émotion, attachement, attirance, répulsion. On ne peut qu’être amoureux de Lata et partager son indécision, pardonner à Meenakshi ses adultères, plaindre Kabir, se sentir proche de Maan, admirer et détester Saeeda Bai…

    L’auteur tient son lecteur par son art de la narration et de la mise en scène, mais, en outre, par son souci du détail (cuisine, séances parlementaires, cérémonies religieuses, procédés de fabrication de tel produit, fonctionnement des institutions publiques et privées) lui fait connaître tout de ce pays fascinant.

    Tout lecteur sincère sortira de cette saga un peu plus sage et un peu plus savant.

     

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