• Marguerite de Male, vue par Jean Froissart

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    Jeunesse

    Féministe avant l’heure

    Laurence Bertels

    Mis en ligne le 15/12/2009

    Fille du Comte de Flandre, Marguerite de Male aurait eu un caractère bien trempé. Plus de détails dans “La jeune fille rebelle” et dans la poussière d’alors. Vibrant.

    Certes, si Marguerite de Male avait épousé, comme son père le lui imposait, Edmond, fils du roi d’Angleterre et non le Duc de Bourgogne, les Flandres n’auraient pas été françaises pendant cinq cents ans. Si Mais comme on le sait, il en alla autrement. Une bonne raison pour se poser l’une ou l’autre question : pourquoi la jeune Marguerite a-t-elle désobéi à son père ? Et à quel bois se chauffait donc cette "Jeune fille rebelle" ? Pour le savoir, plongeons tête baissée dans le roman à quatre mains de Jean-Claude van Rijckeghem et Pat van Beirs, un roman qui respire la poussière et le sang du Moyen Âge, qui raconte les sentiments exacerbés de l’époque, passe de la frivolité à la gravité et nous trempe dans la crudité de l’an 1347 dès les premières lignes avec la naissance de Marguerite de Male, détails très concrets, jusqu’à l’odeur des urines - pour mieux mesurer leur acidité- à l’appui. L’enfant, il est vrai, est appelée à hériter de son père les titres de Flandre, Rethel et Nevers.

    Dès lors, on vibre à l’unisson avec cette jeune fille au caractère bien trempé, on tremble et frémit au fil des mésaventures, on s’insurge face à la rigidité de son éducation et à la cruauté du Comte de Flandres, qui rêvait d’un descendant. On encourage ses audaces et l’on s’évade à une époque décrite parfois avec le pinceau de Brueghel : "Je regarde les gens emmitouflés, le nez rougi et humide. Les enfants courent dans les rues avec des lu ges. Les pêcheurs taillent des trous dans la glace épaisse des canaux. Un charretier met une couverture à ses chevaux en sueur. Je pense à ma mère et à nos promenades à Bruges". Pas étonnant que les deux auteurs aient collectionné les prix en Flandre comme aux Pays-Bas où la littérature flamande a bonne presse.

    Jean-Claude van Rijckeghem et Pat van Beirs écrivent toujours à quatre mains. On leur doit déjà "L’œil du diable" et "Le septième voile" tout comme, dans un autre registre, le scénario de "Moscow/Belgium", remarqué à Cannes. Pat van Beirs a également adapté en néerlandais les films "Chicken run", "Monstres et Cie" et "Le Monde de Nemo". Entre autres. Cette pratique peut sembler étonnante. Elle est, paraît-il, fréquente en Suède et encourage les auteurs à se mettre tout de suite au travail puisqu’ils se sont donné rendez-vous pour cette raison précise. Pat van Beirs commence avec les recherches pendant que Jean-Claude van Rijckeghem esquisse l’histoire et écrit intuitivement. Pourquoi avoir choisi Marguerite de Male ? "On voulait une histoire du Moyen Âge du point de vue d’une jeune fille. On trouvait que c’était un bon sujet de roman. En tant qu’homme, c’était très amusant de se mettre dans la peau d’une jeune fille. Marguerite a les mêmes préoccupations que mes deux filles", nous dit Pat van Beirs pendant que son alter ego souligne le côté versatile de leur héroïne, comme les adolescents d’aujourd’hui.

    D’autres parallèles à l’époque actuelle colorent, ou plutôt noircissent, le roman. Qu’il s’agisse de la prédiction de la fin du monde, des mauvaises récoltes, de la famine, de la guerre, de la peste ou encore du cataclysme. En même temps, le (jeune) lecteur entre dans un monde qu’il ne connaît pas, avec les odeurs, les sensations du Moyen Âge et tout ce qu’il ne trouve pas dans les manuels scolaires. Les auteurs ont-ils pour autant pris des libertés avec l’Histoire ? "Quelques-unes. Marguerite de Male a vraiment existé. Elle a eu dix enfants et est décrite dans l’"Encyclopedia Britannica" comme étant difficile, pas belle - elle ressemblait à son père - et dotée d’une forte personnalité. Jean Froissart la décrit comme ayant un visage ingrat et un caractère rechigné. Le château de Male existe toujours et se trouve près de Bruges. La scène de la mère du Comte de Flandres qui menace de se couper un sein si son fils allie Marguerite à l’Angleterre est réelle, elle aussi. Par contre, nous ne savons pas si Marguerite de Male maniait l’épée avec autant d’agilité que dans le roman. Nous avons joué avec les sources historiques."

    Savoureuse, la traduction française de "Jonkvrouw", signée Jean-Philippe Bottin et Anne Rogghe - encore un duo -, contient plus de vocabulaire que le texte original rédigé en néerlandais académique mais néanmoins accessible. Les traducteurs ont voulu montrer qu’ils connaissaient Rabelais, Villon et Hugo. Pour le lecteur, c’est tout bénéfice.

    La jeune fille rebelle Jean-Claude van Rijckeghem et Pat van Beirs traduit du néerlandais par Jean-Philippe Bottin et Anne Rogghe Mijade 288 pp., env. 12 €. Dès 15 ans


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