• Maktub

    Titre : Maktub

    Auteur : Paulo Coelho

    Editeur : Anne Carrière (Paris, 2004)

    ISBN : 2843372658

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    Maktub !<o:p></o:p>

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    Tout est écrit d’avance ! Tout ce qui vient devait venir !<o:p></o:p>

    Ainsi peut-on traduire approximativement l’expression fataliste qu’utilisent les musulmans pour expliquer, voire justifier, tout événement, bon ou mauvais, qui les touche ou dont ils sont témoins.<o:p></o:p>

    Appliqué à la littérature, le mot signifie que tout livre a déjà été écrit.<o:p></o:p>

    C’est exactement, et de façon très concrète, très matérielle, ce qu’on peut dire de ce livre de Paulo Coelho. <o:p></o:p>

    Ainsi l’auteur l’a-t-il d’ailleurs intitulé.<o:p></o:p>

    Est-ce malice ? <o:p></o:p>

    Est-ce cynisme ?<o:p></o:p>

    Un titre bien ample, d’un auteur si grand, pour un livre si petit !<o:p></o:p>

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    « Maktub est né d’une proposition que m’a faite au téléphone Alcino Leite Neto, directeur du cahier Illustrada de la Folha de Sao Paulo » affirme l’auteur dans une note en prologue.<o:p></o:p>

    Tout est écrit, en vérité,  dans cette note !<o:p></o:p>

    Car il n’est nul besoin, en effet, de tourner beaucoup de pages pour que naisse le malaise, la nauséeuse impression de lire, puis de feuilleter un écrit de commande, une compilation, parsemée, sans bonheur, sans amour, sans la passion du jardinier, de phrases transplantées, de sentences pompeuses fichées dans un bac stérile, telles des orchidées arrachées à leur sous-bois luxuriant, qu’on aurait disposées dans un vase vide ou repiquées dans un jardin fait de ternes artifices.<o:p></o:p>

    Ces textes courts, composés pour les besoins d’une rubrique régulière de la Folha de Sao Paulo, s’inscrivaient sans doute naturellement dans le contexte du journal. Enfilés sur 200 pages, ils deviennent ornements clinquants, arborés sur sa poitrine par l’auteur comme les médailles cliquetantes que bombe un vieux militaire.<o:p></o:p>

    Que l’enfilade est, par surcroît, en l’occurrence, ennuyeuse, comme toutes les revues et parades !<o:p></o:p>

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    Il faudrait s’interdire de présenter Maktub comme une « œuvre » de Paulo Coelho. L’œuvre est construction, édifice, ou n’est pas œuvre, lorsqu’elle est de littérature. A peine pourrait-on parler d’« ouvrage », sans même y découvrir la noblesse que peut avoir le tricot réalisé sur son métier par l’ouvrière attentive. <o:p></o:p>

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    Que Paulo Coelho me prête son nom qui fait vendre, et je veux bien m’amuser à pondre (ce verbe  est impropre, il est trop beau, car il connote création, effort et souffrance) un recueil du même prix, sans pour cela me prendre pour un grand auteur.<o:p></o:p>

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    Certes, recueillir et rassembler ce qui est épars, dans un ensemble thématique, n’est pas acte indigne, sauf lorsqu’il est le fait d’un écrivain ayant la notoriété d’un Coelho, qui donne ici, et c’est bien triste, le sentiment de tromper sciemment le lecteur sur une « marchandise » portant son « label ».<o:p></o:p>

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    Maktub !<o:p></o:p>

    Si c’est écrit déjà, pourquoi l’écrire encore ?<o:p></o:p>

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    Les grands esprits ont, hélas, leurs petites faiblesses : maktub !<o:p></o:p>

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    Que cette note de lecture ne nous détourne pas, pour autant, des vraies œuvres de Paulo Coelho !<o:p></o:p>

    Mais, si, comme moi, vous avez aimé d’autres livres de cet auteur, n’achetez pas celui-ci !<o:p></o:p>

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    Patryck Froissart, à El Menzel, le 11 juillet 2006

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