• Les passagers anglais

    Titre : Les passagers anglais

    Auteur : Matthew Kneale

    Editeur : Belfond (Paris 2002)

    Titre original : English passengers

    Traduit de l’anglais par Georges-Michel Sarotte

    ISBN : 2-7144-3868-7

    439 pages

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    Un groupe d’Anglais farfelus, sur la foi d’un des leurs, le révérend Wilson, que l’Eden perdu se trouve au fin fond de la Tasmanie, embarque en 1857, à la recherche du paradis terrestre, sur la Sincérité, un trois-mâts mannois rafistolé qu’ils ont affrété faute de mieux, dont le capitaine, qui a rempli ses ballasts secrets de marchandises de contrebande, fuit l’Angleterre pour échapper à la douane anglaise qui a flairé le cognac et le tabac dissimulés dans ses flancs.

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    Les péripéties de la Sincérité, du capitaine, des passagers sont narrées à la première personne par les voix qui s’entrecroisent du révérend Wilson, du docteur Potter, l’un des passagers, qui écrit une thèse sur sa vision de la classification des races humaines, et du capitaine mannois Kewley.

    A ces voix, à ces visions personnelles, dont l’alternance permet de suivre les événements de points de vue différents, voire opposés, s’ajoutent celles de plusieurs personnages de la Terre de Van Diemen, appellation de la Tasmanie à cette époque, dont la colonisation a commencé trente ans plus tôt.

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    C’est ainsi que nous recevons le récit fait par le forçat Jack Harp de ses aventures, l’avis de plusieurs gouverneurs des nouvelles colonies, les confidences de quelques épouses de colons…

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    Parmi tous ces récits qui s’entrecoupent, dont les narrateurs protagonistes se croisent sur mer et sur terre, il en est un qui est particulièrement émouvant : celui de Peevay, fruit du viol d’une aborigène par un aventurier anglais. Par les yeux de Peevay nous découvrons toute l’horreur de l’extermination organisée, planifiée du peuple aborigène de Van Diemen par les autorités coloniales.

    Peevay sera le seul survivant, métis, de ce génocide historiquement authentique, dont l’abomination est soulignée par les motivations froidement économiques et par le pragmatisme politique des colonisateurs, par les justifications que lui donnent les théories raciales plaçant l’aborigène entre l’homme et le singe, par l’opinion des évangélisateurs frustrés par le manque d’intérêt des indigènes pour la « vraie religion ».

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    Ce qui se passe, se dit, s’écrit, se pense dans ce pays, dans ces têtes, dans ces lettres qu’échangent certains personnages, annonce les idéologies puantes qui aboutiront, un siècle plus tard, à la Solution Finale.

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    Ce roman se fonde sur un travail d’historien. Les situations cocasses qui le ponctuent n’enlèvent rien au regard lucide, accusateur, de l’auteur sur la tragédie du peuple tasmanien.

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    Un livre d’une intensité rare.

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    Patryck Froissart

    St Gilles les Bains, le 13 novembre 2008<o:p></o:p>


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