• Les Immémoriaux

    Titre : Les Immémoriaux

    Auteur : Victor Segalen

    Editeur : Le Seuil (1985)

    ISBN : 2020064693

    220 pages

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    Il est des romans que porte un souffle puissant.

    Il est des romans qui témoignent.

    Il est des romans qui dénoncent.

    Il est des romans qui annoncent.

    Il est des romans qui sont des poèmes.

    Il est des romans dont l’écriture flamboie.

    Il est des romans qui illustrent la beauté de la langue dans laquelle ils sont écrits.

    Il est des romans qui bouleversent.

    Il est des romans qui transportent.

    Il est des romans qui rendent à l’Histoire le sens que l’Histoire officielle prend soin d’occulter.

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    Le roman de Segalen réunit ces qualités, et bien d’autres.

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    En racontant le long cheminement de Térii, Tahitien du 19e siècle que tout prédestinait à devenir un grand haèré-po (porteur de la parole ancestrale et du maro jaune), et qui finit sous-diacre revêtu du triste maro noir de l’église évangélique qui a, en l’espace d’une génération, renversé et jeté dans l’oubli les rites, les mœurs, la liberté et la sensualité des Polynésiens, Victor Segalen met en évidence la criminelle responsabilité des missionnaires chrétiens dans l’acculturation irréversible des peuples indigènes.

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    Le roman est le procès sans concession de l’évangélisation, écrit par un immense écrivain qui a vécu à Tahiti, qui a assisté aux conséquences de la « civilisation », qui a recueilli avec une précision d’ethnologue les récits de ceux qui l’ont subie, et qui a su faire de cette tragique histoire une anti-épopée.

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    Il y a là du Flaubert de Salammbô. Il y a là de la grande littérature. Il y a là une triste leçon de l’Histoire, dont, hélas, nos gouvernants avides n’ont rien retenu, et qu’ils continueront d’ignorer.

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    Faire lire ce roman est faire acte de militantisme humaniste.

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    Patryck Froissart

    Plateau Caillou, le 28 mars 2009

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  • Commentaires

    1
    Oxygène
    Samedi 28 Mars 2009 à 09:12
    Que le "Hupe", léger vent de terre qui se lève le soir à Tahiti, répande sur toi le "mana" des ancêtres de Terii !
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