• Jehan Froissart, Chroniques, Livre Quatrième, Chapitre XXXII L’aventure d’une danse faite en semblance de hommes sauvages, là où le roi fut en péril.

    le bal des ardents (chaud devant !)

    mercredi 14 novembre 2007

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    • Le Bal des ardents désigne un charivari organisé par Charles VI le 28 janvier 1393 qui tourna à la tragédie et provoqua la mort de cinq compagnons du roi. Déjà très fragile mentalement, le monarque sombre définitivement dans la folie après cet épisode.">Le Bal des ardents désigne un charivari organisé par Charles VI le 28 janvier 1393 qui tourna à la tragédie et provoqua la mort de cinq compagnons du roi. Déjà très fragile mentalement, le monarque sombre définitivement dans la folie après cet épisode., p1

    Le Bal des ardents désigne un charivari organisé par Charles VI le 28 janvier 1393 qui tourna à la tragédie et provoqua la mort de cinq compagnons du roi. Déjà très fragile mentalement, le monarque sombre définitivement dans la folie après cet épisode.

    Représentation d’époque du Bal des ardents.

    Sommaire

    * 1 Contexte * 2 Conséquences * 3 Remarques * 4 Liens internes * 5 Lien externe

    Contexte

    En ce 28 janvier 1393, Charles VI organise un bal à l’hôtel de la Reine Blanche, résidence de Blanche de Bourgogne, à Paris, pour les noces d’une demoiselle d’honneur de la reine Isabeau de Bavière, Catherine l’Allemande, veuve du sire de Hainceville. La dame se marie pour la troisième fois avec un homme choisi par la reine. À l’occasion d’un remariage comme dans le cas de Catherine l’Allemande, il est de coutume d’organiser un charivari.

    La journée se déroule gaiement en fêtes et en banquets. Toute la cour a été invitée aux festivités qui se poursuivent le soir par un bal organisé à l’Hôtel Saint-Pol. Après la présentation des musiciens, ceux-ci commencent à jouer. Les convives se mettent à danser au son des trompettes, des flûtes et des chalumeaux (petit instrument à vent ancêtre de la clarinette) et d’autres instruments de musique. Soudain débute le charivari.

    Sur une idée de Charles VI et de Hugues de Guisay, avec quatre autres de ses amis (Milon, comte de Joigny, le bâtard Yvain de Foix, Ogier de Nantouillet et Aymard de Poitiers), le roi et ses compagnons décident d’animer la fête en se déguisant en « sauvages ». Ils s’enduisent de poix recouverte de plumes et de poils d’étoupe avant de se lier les uns aux autres au moyen de chaînes.

    La noce bat son plein jusqu’au milieu de la nuit, lorsque les lumières s’éteignent et que les six sauvages se glissent au milieu des invités, gestuelles et cris à l’appui (danse de la sarrasine). D’abord surpris, les invités se prennent au jeu. Mais arrivent bientôt le duc d’Orléans, frère du roi, et son oncle le duc de Berry, qui ont déjà passé une partie de la soirée dans une taverne.

    Intrigué par les danses de ces étranges sauvages, le frère du roi s’empare d’une torche pour mieux voir qui se cache sous les masques. Mais le duc d’Orléans s’approche trop près des déguisements et les costumes prennent feu immédiatement alors que les fêtards ne peuvent se dépêtrer à cause des chaînes.

    Le roi ne doit son salut qu’à la présence d’esprit de sa tante Jeanne de Boulogne, duchesse de Berry, qui l’enveloppe immédiatement de sa robe et de ses jupons pour étouffer les flammes. Le sire Ogier de Nantouillet réussit à se libérer de sa chaîne et se jette dans un cuvier où se rinçaient les hanaps. Yvain de Foix quant à lui tente d’atteindre la porte où deux valets l’attendent avec un linge mouillé, mais le malheureux, transformé en torche vivante, n’y parvient pas. Les autres compagnons brûlent pendant une demi-heure sous les yeux impuissants du roi. Ils mourront l’un après l’autre après trois jours d’une terrible agonie. Conséquences Le Bal des ardents représenté dans un manuscrit des Chroniques de Froissart.

    Le lendemain, la nouvelle fait le tour de Paris et la foule se dresse devant l’hôtel Saint-Pol, où réside le roi. Les gens ne comprennent pas que l’on ait permis à ce roi, à l’esprit déjà fragile, une telle mascarade. La rumeur veut en outre que ce soit après avoir aperçu un sauvage l’année précédente que le roi eut son premier coup de folie (au cours de lequel il tua quatre de ses compagnons).

    Quelques jours après le drame, très choqué, Charles VI publie une ordonnance par laquelle il confie la régence à « son cher et très aimé frère Louis duc d’Orléans, comte de Valois et de Beaumont, tant pour le bien, sens et vaillance de lui comme pour la très singulière, parfaite loyale et vraie amour qu’il a toujours eue à nous et à nos enfants ». Mais jugé trop jeune, la régence échoit à ses oncles les ducs Jean de Berry et Philippe le Hardi. Charles VI n’a pas encore vingt-cinq ans et, comme le remarque le connétable de Clisson, il y a trois rois en France.

    L’hôtel sera quant à lui démoli sur ordre, et sera reconstruit plus tard à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe. Il sera alors occupé par la famille Gobelin. Remarques

    * Selon Jean II Jouvenel des Ursins, le drame s’est déroulé à l’hôtel de la Reine Blanche, résidence de Blanche de Bourgogne ; cet endroit serait actuellement situé au niveau du 17, de la rue des Gobelins. Pour Georges Bordonove le Bal des ardents se situe à l’hôtel Saint-Pol, résidence de Charles VI à Paris.

    * Le charivari étant formellement interdit par l’Église, Charles VI faillit mourir en état de sacrilège.

    * Louis d’Orléans fit ériger une chapelle expiatoire dans l’église des Célestins à Paris. Une messe pour le repos des quatre âmes y était dite quotidiennement. Liens internes

    * Charles VI de France * Hôtel Saint-Pol

    Lien externe

    * Les témoignages d’époque

    Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Bal_des_ardents »

    Catégories : Danse • Massacre • Guerre de Cent Ans • Évènement de la guerre de Cent Ans

    Avint que assez tôt après celle retenue, un mariage se fit en l’hostel du roi, de un jeune chevalier de Vermandois et de une des damoiselles de la roine ;

    et tous deux étoient de l’hostel du roi et de la roine. Si en firent les seigneurs, les dames et damoiselles et tout l’hostel plus réjouis ; et pour cette cause le roi voult faire les noces ; et furent faites dedans l’hostel de Saint-Pol à Paris, et y eut grand’foison de bonnes gens et de seigneurs et y furent les ducs d’Orléans, de Berry, de Bourgogne et leurs femmes. Tout le jour des noces qu’ils épousèrent on dansa et mena-t-on grand’joie : le roi fit le souper aux dames, et tint la roine de France l’état ; et s’efforçoit chacun de joie faire, pour cause qu’ils véoient le roi qui s’en ensonnioit si avant. Là avoit un écuyer d’honneur en l’hostel du roi, et moult son prochain, de la nation de Normandie, lequel s’appeloit Hugonin de Guisay ; si s’avisa de faire aucun ébattement pour complaire au roi et aux dames qui là étoient. L’ébattement qu’il fit, je le vous dirai. Le jour des noces, qui fut par un mardi devant la Chandeleur, sur le soir, il fit pourvoir six cottes de toile et mettre à part dedans une chambre, et porter et semer sus délié lin, et les cottes couvertes de délié lin en forme et couleur de cheveux. Il en fit le roi vêtir une ; et le comte de Join, un jeune et très gentil chevalier, une autre ; et mettre très bien à leur point ; et ainsi une autre à messire Charles de Poitiers, fils au comte de Valentinois ; et à messire Yvain de Galles, le bâtard de Foix, une autre ; et la cinquième au fils du seigneur de Nantouillet, un jeune chevalier ; et il vêtit la sixième. Quand ils furent tous six vêtus de ces cottes qui étoient faites à leur point, et ils furent dedans enjoins et cousus, ils se montroient être hommes sauvages, car ils étoient tous chargés de poil, du chef jusques à la plante du pied. Cette ordonnance plaisoit grandement bien au roi de France, et en savoit à l’écuyer qui avisée l’avoit grand gré ; et se habillèrent de ces cottes si secrètement en une chambre, que nul ne savoit de leur affaire fors eux-mêmes, et les varlets qui vêtus les avoient. Messire Yvain de Foix, qui de la compagnie étoit, imagina bien la besogne et dit au roi : « Sire, faites commander bien acertes que nous ne soyons approchés de nulles torches, car si l’air du feu entrât en ces cottes dont nous sommes déguisés, le poil happeroit l’air du feu, si serions ars et perdus sans remède et de ce je vous avise ! — En nom Dieu, répondit le roi à Yvain, vous parlez bien et sagement, et il sera fait. » Et de là endroit le roi défendit aux varlets et dit : « Nul ne nous suive ! » Et fit là venir le roi un huissier d’armes qui étoit à l’entrée de la chambre et lui dit : « Va-t’en à la chambre où les dames sont, et commande de par le roi que toutes torches se traient à part et que nul ne se boute entre six hommes sauvages qui doivent là venir. » L’huissier fit le commandement du roi moult étroitement, que toutes torches et torchins, et ceux qui les portoient, se missent en sus au long près des parois, et que nul n’approchât les danses, jusques à tant que six hommes sauvages qui là devoient venir soient retraits. Ce commandement fut ouï et tenu ; et se trairent tous ceux qui torches portoient à part ; et fut la salle délivrée, que il n’y demeura que les dames et damoiselles, et les chevaliers et écuyers qui dansoient. Assez tôt après ce, vint le duc d’Orléans et entra en la salle ; et avoit en sa compagnie quatre chevaliers et six torches tant seulement, et rien ne savoit du commandement qui fait avoit été, ni des six hommes sauvages qui devoient venir ; et entendit à regarder les danses et les dames, et il même commença à danser. Et en ce moment vint le roi de France, lui sixième seulement, en l’état et ordonnance que dessus est dit, tout appareillé comme homme sauvage, et couvert de poil de lin aussi délié comme cheveux du chef jusques au pied. Il n’étoit homme ni femme qui les pût connoître, et étoient les cinq attachés l’un à l’autre, et le roi tout devant qui les menoit à la danse. Quand ils entrèrent en la salle, on entendit tant à eux regarder qu’il ne se souvint de torches ni de torchins. Le roi, qui étit tout devant, se départit de ses compagnons, dont il fut heureux ; et se trait devant les dames pour lui montrer, ainsi que jeunesse le portoit. Et passa devant la roine, et s’en vint à la duchesse de Berry qui étoit sa tante et la plus jeune. La duchesse par ébattement le prit et voult savoir qui il étoit ; Le roi étant devant elle ne se vouloit nommer. Adonc dit la duchesse de Berry : « Vous ne m’échapperez point ainsi, tant que je saurai votre nom. » En ce point avint le grand meschef sur les autres, et tout par le duc d’Orléans qui en fut cause, quoique jeunesse et ignorance lui fit faire ; car si il eût bien présumé et considéré le meschef qui en descendit, il ne l’eût fait pour nul avoir. Il fut trop en volonté de savoir qui ils étoient. Ainsi que les cinq dansoient, il approcha la torche, que l’un de ses varlets tenoit devant lui, si près de lui que la chaleur du feu entra au lin. Vous savez que le lin n’a nul remède et que tantôt il est enflambé. La flamme du feu échauffa la poix à quoi le lin étoit attaché à la toile. Les chemises linées et poyées étoient sèches et déliées et joignans à la chair, et se prirent au feu à ardoir ; et ceux qui vêtus les avoient et qui l’angoisse sentoient commencèrent à crier moult amèrement et horriblement. Et tant y avoit de meschef que nul ne les osoit approcher. Bien y eut aucuns chevaliers qui s’avancèrent pour eux aider à tirer le feu hors de leur corps. Mais la chaleur de la poix leur ardoit toutes les mains et en furent depuis moult mésaisés. L’un des cinq, ce fut Nantouillet, s’avisa que la bouteillerie étoit près de là ; si fut celle part, et se jeta en un cuvier tout plein d’eau où on rinçoit tasses et hanaps. Cela le sauva ; autrement il eût été mort et ars ainsi que les autres ; et nonobstant tout si fut-il en mal point. Quand la roine de France ouït les grands cris et horribles que ceux qui ardoient faisoient, elle se douta de son seigneur le roi qu’il ne fût attrapé ; car bien savoit, et le roi lui avoit dit, que ce seroit l’un des six. Si fut durement ébahie et chéy pâmée. Donc saillirent les chevaliers et dames avant en lui aidant et confortant. Tel meschef, douleur et crierie avoit en la salle qu’on ne savoit auquel entendre. La duchesse de Berry délivra le roi de ce péril, car elle le bouta dessous sa gonne et le couvrit pour eschiver le feu ; et lui avoit dit, car le roi se vouloit partir d’elle à force : « Où voulez-vous aller ? Vous véez que vos compagnons ardent. Qui êtes-vous ? Il est heure que vous vous nommez. — Je suis le roi. — Ha ! monseigneur, or tôt allez vous mettre en autre habit, et faites tant que la roine vous voie, car elle est moult mésaisée pour vous. » Le roi, à cette parole, issit hors de la salle, et vint en sa chambre, et se fit déshabiller le plus tôt qu’il put et remettre en ses garnemens, et vint devers la roine ; et là étoit la duchesse de Berry, qui l’avoit un peu réconfortée et lui avoit dit : « Madame, réconfortez-vous, car tantôt vous verrez le roi. Certainement j’ai parlé à lui. » A ces mots, vint le roi en la présence de la roine ; et quand elle le vit, de joie elle tressaillit ; donc fut-elle prise et embrassée de chevaliers et portée en sa chambre et le roi en sa compagnie qui toujours la reconforta. Le bâtard de Foix, qui tout ardoit, crioit à hauts cris : « Sauvez le roi, sauvez le roi ! » Et voirement fut-il sauvé par la manière et aventure que je vous ai dit ; et Dieu le voult aider, quand il se départit de la compagnie pour aller voir les dames ; car s’il fût demeuré avecques ses compagnons, il étoit perdu et mort sans remède. En la salle de Saint-Pol à Paris, sur le point de l’heure de minuit, avoit telle pestillence et horribleté que c’étoit hideur et pitié de l’ouïr et du voir. Des quatre qui là ardoient, il y en eut là deux morts éteints sur la place. Les autres deux, le bâtard de Foix et le comte de Join, furent portés à leurs hostels et moururent dedans deux jours à grand’peine et martire. Ainsi se dérompit cette fête et assemblée de noces en tristesse et en ennui, quoique l’époux et l’épouse ne le pussent amender. Car on doit supposer et croire que ce ne fut point leur coulpe, mais celle du duc d’Orléans, qui nul mal n’y pensoit quand il avala la torche. Jeunesse lui fit faire. Et bien dit, tout en audience, quand il vit que la chose alloit mal : « Entendez à moi, tous ceux qui me peuvent ouïr. Nul ne soit demandé ni inculpé de cette aventure, car, ce qui fait en est, c’est tout par moi et en suis cause. Mais ce pèse moi que oncques m’avint ; et ne cuidois pas que la chose dût ainsi tourné ; car si je l’eusse cuidé et sçu, je y eusse pourvu. » Et puis si s’en alla le duc d’Orléans devers le roi, pour se excuser, et le roi le tint pour tout excusé. Cette dolente aventure avint en l’hostel de Saint-Pol à Paris, en l’an de grâce mil trois cent quatre vingt douze, le mardi devant la Chandeleur, de laquelle avenue il fut grand’nouvelle parmi le royaume de France et en autre pays. Le duc de Bourgogne et le duc de Berry n’étoient point pour l’heure là, mais à leurs hostels ; et avoient le soir pris congé au roi, à la roine et aux dames, et retrait à leurs hostels pour être mieux à leurs aises. Quand ce vint au matin et la nouvelle fut sçue et épandue parmi la ville et la cité de Paris, vous devez savoir que toutes gens fure moult émerveillés. Et disoient plusieurs communément parmi la ville de Paris : que Dieu avoit montré encore secondement un grand exemple et signe sur le roi, et qu’il convenoit et appartenoit qu’il y regardât et qu’il se retrait de ses jeunes huiseuses, et que trop en faisoit et avoit fait, lesquelles ne appartenoient point à faire à un roi de France ; et que trop jeunement se maintenoit et étoit maintenu jusques à ce jour. La communauté de Paris en murmuroit et disoit sans contrainte : « Regardez le grand meschef qui est près avenu sur le roi ; et s’il eût été attrapé et ars, si comme les aventures donnent et que bien en faisoit les œuvres, que fussent ses oncles et son frère devenus ? Ils doivent être tous certains que jà pied d’eux n’en fût échappé, car tous eussent été occis, et les chevaliers que on eût trouvé dedans Paris. » Or avint, si très tôt que le duc de Berry et de Bourgogne au matin sçurent les nouvelles, ils furent tout ébahis et émerveillés ; et bien y eut cause. Si montèrent aux chevaux et vinrent à l’hostel du roi à Saint-Pol, et le trouvèrent. Si le conseillèrent ; et bien en avoit mestier, car encore étoit-il tout effrayé et ne se pouvoit r’avoir de l’imagination, quand il pensoit au péril où il avoit été. Et bien dit à ses oncles que sa belle tante de Berry l’avoit sauvé et ôté hors du péril, mais il étoit trop fort courroucé du comte de Join et de messire Yvain de Foix et de messire Charles de Poitiers. Ses oncles, en lui reconfortant, lui dirent : « Monseigneur, ce qui est avenu ne peut-on recouvrer. Il vous faut oublier la mort d’eux et louer Dieu et regracier de la belle aventure qui vous est avenue, car votre corps et tout le royaume de France a été pour cette incidence en grand’aventure d’être tout perdu ; et vous le pouvez imaginer, car jà ne s’en peuvent les vilains taire, et disent que si le meschef fût tourné sur vous, ils nous eussent tous occis. Si vous ordonnez, appareillez et mettez en état royal, ainsi que à vous appartient, et montez à cheval. Si allez à Notre-Dame de Paris en pelerinage. Nous irons en votre compagnie ; et vous montrez au peuple, car on vous désire à voir par la cité et ville de Paris. » Le roi répondit que ainsi le feroit-il. Sur ces paroles s’embati le duc d’Orléans, frère du roi, qui moult l’aimoit comme son frère. Et ses oncles le recueillirent doucement, et le blâmèrent un petit de la jeunesse que faite avoit. A ce qu’il montra, il leur en sçut bon gré, et dit bien que il ne cuidoit point mal faire. Assez tôt après, sur le point de neuf heures, montèrent le roi et tous les compagnons à cheval, et se départirent de Saint-Pol, et chevauchèrent parmi Paris pour apaiser le peuple qui trop fort étoit ému ; et vinrent en la grand’église ; et là ouït le roi la messe et y fit ses offrandes, et depuis retournèrent le roi et les seigneurs en l’hostel de Saint-Pol, et là dînèrent. Si se passa et oublia cette chose petit à petit, et fit-on obsèques, prières et aumônes pour les morts. Ha ! comte Gaston de Foix, si de ton vivant tu eusses eu telles nouvelles de ton fils, comme il en étoit avenu, tu eusses été courroucé outre mesure ; et moult l’aimois. Je ne sais comment on t’en eût apaisé. Tous seigneurs et dames qui en oyoient parler parmi le royaume de France, en étoient moult émerveillés et à bonne cause. Précédent Table des matières Suivant

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