• Le règne de Barbarie

    Titre : Le règne de barbarie

    Auteur : Abdellatif Laâbi

    Editeur : Seuil

    Collection : Fiction et Cie

    Préface de Ghislain Ripault

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ce recueil de poèmes est un long cri de souffrance et de révolte.

    Publié en 1972 alors que son auteur, le poète marocain Abdellatif Laâbi, fondateur de la revue Souffles, dépérissait et pourrissait au secret des cellules de la prison de Kenitra, livré au bon vouloir sadique des tortionnaires de Hassan II, en pleines années de plomb, Le règne de barbarie se lit avec les tripes, avec les poings serrés, avec des saccades de sanglots, durs comme du fer, qui vous montent, ligne après ligne, exploser à la gueule.

    <o:p> </o:p>

    Ce recueil de colères est un long hurlement de loup blessé, aux chairs prises dans les crocs de l’arbitraire du traqueur de liberté.

    Préfacé par Ghislain Ripault, autre poète, qui en 1972 était coopérant français au Maroc, Le règne de barbarie ne se lit pas, mais se vit, se chevauche, se galope comme la noire monture de l’apocalypse, annonciatrice de la fin des temps des sombres seigneurs et de l’époque des vengeances éclatantes et justes des peuples : « Il est temps de dire pourquoi je dégueule ce monde. »<o:p></o:p>

    Ce recueil de crachats est un long chapelet d’insultes aux visages du potentat et de ses valets de chiourme, dérisoirement armés de leurs pinces d’inquisition.

    Car Abdellatif Laâbi possède le vrai pouvoir, celui face auquel la puissance souveraine devient factice, ridicule, inefficiente : Abdellatif Laâbi est détenteur de la puissance infinie du Verbe, qui traverse les murailles des geôles les plus épaisses et s’en vient gronder à celles des palais, et puis qui enfle et gonfle, jusqu’à les renverser.

    « La poésie est tout ce qui reste à l’homme pour proclamer sa dignité, ne pas sombrer dans le nombre, pour que son souffle reste à jamais imprimé et attesté dans le cri. »<o:p></o:p>

    « Ma plume est meurtrière » dit encore le poète, qui ne craint pas les bourreaux :

    « A nous deux geôliers de l’espoir<o:p></o:p>

    tenez<o:p></o:p>

    je vous jette mon stylo<o:p></o:p>

    si vous croyez qu’il est seul l’instrument de ma colère<o:p></o:p>

    brisez-le<o:p></o:p>

    je deviendrai orateur… »

    <o:p> </o:p>

    Tant qu’il y aura des poètes…

    Patryck Froissart, le 2 avril 2006<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :