• Le Palais des Miroirs

    Titre : Le palais des miroirs

    Auteur : Amitav Ghosh

    Editeur : Le Seuil, mars 2002

    Titre original : The Glass Palace

    Traduit de l’anglais de l’Inde par Christianne Besse

    660 pages

    ISBN : 2020669595

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    Rajkumar, orphelin d’origine indienne, travaillant à l’âge de douze ans comme « homme » à tout faire sur un sampan cabotant de la Birmanie au Bengale, arrive en 1885, après avoir remonté tout le fleuve Irrawaddy, à Mandalay, en Birmanie, où réside, dans le Palais des Miroirs, le roi de Birmanie, Thebaw, avec sa famille et sa cour.

    Au même moment, les Anglais décident de s’emparer de ce pays à l’agriculture riche et prospère.

    L’invasion est brutale et rapide. Les troupes britanniques atteignent bientôt la citadelle et déposent le souverain à qui ils donnent deux jours pour préparer son départ pour l’exil, laissant la populace s’introduire dans le palais et en piller toutes les richesses.

    Porté par le mouvement, Rajkumar est fasciné, au hasard d’un couloir, par le visage d’une des petites suivantes de la reine, une fillette de 8 ans, Dolly, qu’il se promet de retrouver lorsqu’il sera devenu un homme riche.

    Amitav Ghosh, sur la trame simple de cette rencontre et de cette annonce, tisse la saga dense, riche, foisonnante, des membres de trois familles aux destinées qui s’imbriquent les unes dans les autres, qui se maillent et se démaillent sur quatre générations, connaissant fortune et infortunes, dans une suite régulière d’accords et de désaccords.

    Toutes ces vies, profondément, cruellement humaines, sont jalonnées de joies et de drames, de rires et de pleurs, d’amour et de haine, et s’incarnent en des personnages toujours attachants, émouvants, pitoyables, de qui tout lecteur, en dépit de la distance culturelle, se sent intensément proche.

    Tout au cours du roman s’opposent la volonté de l’individu de contrôler, de maîtriser, de bâtir son destin, et le flot impétueux, dévastateur, démolisseur, de l’Histoire de ce 20e siècle qui, de guerre en guerre, de révolution en dictature, aura séparé, ballotté, emporté, broyé, noyé les hommes et les femmes de cette région du monde (Inde, Birmanie, Malaisie) dans des conflits sanglants imposés par les puissances coloniales, et dans des luttes idéologiques importées et marquées des plus horribles atrocités.

    Racisme colonial, exploitation servile, engagements, trahisons, sont portés par une écriture caractérisée par la recherche du détail géographique, de la réalité historique, du juste trait social, et par un rythme narratif savamment entretenu, qui ménage habilement le suspens en alternant les épisodes de la vie de chacun des personnages et en dosant de façon magistrale les situations paisibles, les journées emplies de lenteur et de langueur, et les situations dramatiques violentes où l’action se précipite.

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    Humaniste, sociologique, très politique, le roman pose en passant toutes les questions essentielles sur les significations des événements qui ont fait du vingtième siècle ce qu’il a été : le siècle du désordre, de l’incohérence et de l'évidente animalité de l’homme.

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    Patryck Froissart,  à Quatre Bornes, le 7 août 2006 


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