• Le nom perdu du soleil

     

    Titre: Le nom perdu du soleil

    Auteur: Pierre Pelot

    Editions Denoël, 1998

    ISBN 2.207.24500.4

    366 pages

    Préface par Yves Coppens

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    Ce roman violent est la suite de celui que Pierre Pelot a publié sous le titre «Sous le vent du monde», l'ensemble constituant une saga qualifiée par Yves Coppens, qui a apporté à l'auteur sa collaboration scientifique, de paléofiction exotique à dater d'un million d'années.

    On y assiste à la rencontre d'un peuple préhistorique, celui des Loh, depuis longtemps «territorialisés», et d'une petite tribu, celle des Xuah qui, après plusieurs générations de sédentarisation, ont décidé de reprendre leur marche vers l'orient, à la recherche du nom du soleil.

    Les Xuah ont appris l'art précieux de conserver le feu qu'ils attrapent mais ne savent pas l'allumer.

    Les Loh possèdent une connaissance assez poussée de l'usage médicinal des plantes, ont développé la notion de la dualité corps/âme et d'une vie post mortem, ont structuré un espace tribal étendu donnant lieu à des retrouvailles régulières, festives, rituelles, et savent nommer le soleil.

     

    Les Loh et les Xuah parlent des langues totalement différentes, rudimentaires, créées de toutes pièces, au prix d'un travail remarquable, par Pierre Pelot.

     

    Les Loh séjournent d'un côté du fleuve et ne le franchissent jamais. Les Xuah cheminent sur l'autre rive. Un évènement exceptionnel oblige un jour un Loh, Aaknah, à traverser. La transgression lui permet d'apercevoir, de loin, le foyer autour de quoi est assemblée la tribu nomade. De retour chez les siens, Aaknah raconte mais n'est pas cru. Un menteur n'a plus la parole. Aaknah s'enfuit avec un jeune et trois femmes, décidé à rejoindre «ceux qui ne sont pas des Loh mais qui sont comme des Loh» et qui possèdent le feu.

    Le petit groupe de fuyards, poursuivi par des hommes Loh qui ne peuvent accepter le rapt des femmes, trouve les Xuah qui, entre-temps, ont perdu le feu, et, malgré l'obstacle linguistique, malgré les différences culturelles, après maintes scènes d'échanges que Pierre Pelot sait empreindre d'émotion, après des épreuves sanglantes, dramatiques, infligées par les poursuivants Loh, les survivants constitueront un nouveau peuple, et un jour naîtra le premier Xuah-Loh.

     

    Les péripéties s'enchaînent, la poursuite est haletante, les combats sont sans merci, la nature est hostile. La pluie, quasi continue (l'auteur nous apprend, en postface, qu'il a pris pour décor naturel l'actuelle Birmanie), et le fleuve, puissant et mangeur d'hommes, font de l'eau l'élément dominant, celui qui vainc et tue le feu.

    La possession clanique des femmes est, naturellement, ataviquement, motif de guerre.

     

    Mais la belle leçon du roman est ce métissage, fruit du hasard d'une rencontre, qui, multiplié dans l'espace infini et le temps illimité de l'homo erectus, produira l'homme moderne.

     

    Détail amusant: ce roman, dont l'un des thèmes récurrents porte sur la course quotidienne du soleil, compte 365 pages et quart...

     

    Merci, Pierre Pelot.

     

    Patryck Froissart, St Paul, le 24 septembre 2011


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