• La maison de la mosquée

    Titre : La maison de la mosquée

    Auteur : Kader Abdolah

    Titre original : Het huis van de moskee

    Traduit du néerlandais par Anita Concas

    Editeur : Gallimard (2005)

    ISBN : 9782070783335

    476 pages

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    A Sénédjan, en Iran, la famille d’Aga Djan possède, depuis des temps immémoriaux, la mosquée du vendredi et la grande demeure qui fait corps avec les minarets et la salle de prière.

    Aga Djan partage paisiblement la maison familiale avec son cousin Alsabéri, l’imam de la mosquée (la famille est titulaire héréditaire de cette charge importante), un autre cousin, aveugle, Aga Shodja, qui fait office de muezzin et qui fabrique des poteries renommées. Les épouses et enfants y vivent en harmonie avec les deux vieilles régisseuses du palais, venues toutes jeunes au service de la maisonnée et que tout le monde appelle désormais « les grand-mères »  

    Aga Djan est par ailleurs le chef du bazar, où il vend les tapis que tissent pour lui les plus habiles artisans.

    Quand le roman commence, le Shah Reza, bien rassis sur son trône par les Américains, et son épouse Farah Diba ont entrepris de moderniser le pays et d’occidentaliser les mœurs, ce qui ne plaît ni aux islamistes ni aux communistes.

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    Le cours du temps semble immuable. Les traditions paraissent bien ancrées. Aga Djan et sa famille sont respectés, et comptent parmi les notables. Aga Djan voit déjà son neveu Shahbal lui succéder au bazar, et son autre neveu Ahmad, qui étudie la théologie à Qom, devenir imam après Alsabéri.

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    Mais l’Histoire va connaître une brutale accélération. Tout se met à changer. Les ayatollah agitent les populations. La police secrète du Shah veille, surveille, espionne, emprisonne, et tue. Khomeyni attend son heure, en Irak puis en France.

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    Les évènements se précipitent.

    Les fils, les filles, les épouses prennent des partis différents, voire opposés. La famille, dont le ciment paraissait indestructible, se disjoint, se déchire. Les gardiens du temple, pris dans une tourmente qui détruit tout, qui ne respecte plus ni le passé ni les hommes qui en sont les dignes héritiers, désemparés, tentent de sauver ce qui peut l’être, et finissent par être dépossédés « au nom de la République Islamique », de leurs biens et de leurs charges.

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    A travers le destin de ces hommes qui voient s’écrouler tout ce en quoi ils croyaient, Kader Abdolah, écrivain iranien résidant aux Pays-Bas, retrace les bouleversements rapides, brutaux, tragiques qui ont marqué l’Iran sous la dictature impériale et l’avènement  de la Charia, sans pour autant occulter les défauts de la société iranienne traditionnelle fondée sur une reproduction sociale figée, où les privilèges des grandes familles se transmettent de père en fils, et où la femme est soumise aux désirs de l’homme.

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    Un livre prenant, qui force à la réflexion.

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    Patryck Froissart

    Plateau Caillou, jeudi 2 avril 2009 


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