• Jean Froissart, curé d'Estinnes

    Personnages Célèbres
    Dernière mise à jour : 07-04-2009
    Jehan FROISSART
    Curé de Lestines-au-MontparJean-Yves Desnos
    Gradué en histoire
    Aujourd'hui plus que jamais,
    chacun tient à son village
    et c'est souvent de ses racines
    qu'il aime entendre parler.
    Avertissement Ces quelques notes relatives à Jehan Froissart et plus précisément à l'exercice de son ministère et à son
    séjour à Lestines-au-Mont n'ont aucune prétention scientifique et ne se présentent nullement comme un travail de
    composition originale.Tout au plus avons-nous tenté de rassembler et de sélectionner en un panorama harmonieux les
    écrits de scientifiques et d'érudits qui, au travers d'une étude fouillée de l'oeuvre et de la vie du célèbre chroniqueur,
    ont ici et là fait quelque allusion au séjour de Froissart à Estinnes-au-Mont.Et si l'on devait accorder un quelconque mérite à
    ce modeste travail, celui d'avoir présenté aux Hennuyers que nous sommes un aspect peu connu du "Curé Froissart"
    nous comblerait tout à fait.Biographie Froissart nous apprend qu'il naquit à Valenciennes vers la fin de l'année 1333 :
    "Sachés, dit-il, que sus l'an de grâce MCCCLXXXX, j'avais labouré XXXVII ans à celle histoire, et à ce jour je avois LVII
    ans..."En fait, il apparaît clairement que Froissart qui nous a si bien renseignés sur tant de personnages illustres ne nous
    a pas laissé de quoi fixer de manière irréfutable la date de sa propre naissance.
    Sur sa jeunesse, ce sont assurément ses poèmes qui nous sont les plus précieux.
    Son éducation fut celle d'un fils de bourgeois valenciennois. Des spécialistes n'ont-ils pas dénombré un total de 52
    manières différentes dont Froissart s'amusait avec les enfants de son âge ? La seule description de ces jeux familiers
    mériterait à coup sûr une étude !
    Qui aime les jeux de l'enfance aime dans l'adolescence les arts qui continuent les jeux : la danse, les chansons, les
    poèmes.
    Froissart se promettait de vivre en amateur du spectacle de l'univers : son premier protecteur, Jean de Beaumont,
    modèle de l'idéal chevaleresque, était en relation avec le chanoine de Liège, Jean le Bel, qui inventa l'interview
    historique.
    Ce hasard orienta peut-être la vocation du jeune Valenciennois : à côté de la poésie courtoise et de l'inspiration
    légendaire, une place non négligeable serait faite à la chronique, au jour le jour, du temps présent.
    Aussi, quand Froissart arrive en 1361 à la cour de la reine présenter un essai historique de son savoir-faire et un de ses
    premiers poèmes.
    Edouard III et son épouse l'honorent de leur faveur : le voici clerc ou secrétaire de Philippa en cette qualité; s'il
    composa des ballades et des poèmes allégoriques, il accompagna aussi la reine dans ses déplacements, participa à des
    missions à l'étranger, notamment en Italie où il rencontra Pétrarque, assista à des fêtes princières et fréquenta bon
    nombre de personnages éminents.
    Il accumule les découvertes, les spectacles, l'expérience. Nous le croyons heureux. Aussi pleure-t-il amèrement la mort
    de sa bienfaitrice en 1369.
    Cette disparition eut pu être une débâcle. Il n'en fut rien. Néanmoins il advint que Froissart envisagea de sacrifier les
    lettres au commerce (un de ses poèmes y fait allusion) mais il expérimenta vite que science vaut mieux qu'argent, et
    retrouva non seulement de nouveaux protecteurs, mais aussi un second métier.
    En 1373, il est curé d'Estinnes-au-Mont, à quelques kilomètres de Binche, et doté d'une pension de la cour de Brabant.
    L'esprit tranquille dans son presbytère, Froissart poursuit sa mission d'écrire et dans une contrée sensible à la bonne
    chaire, au bon vin et aux plaisirs poétiques, il n'est pas étonnant qu'à côté de sa tâche sacerdotale, il ajouta
    l'enchantement de rimer dan un pays qui chaque année couronnait un roi des ménestrels.
    Et c'est ainsi que depuis plus de six cents ans. les noms de Binche, de Roeulx, de Bois-d'Haine, de La Louvière, de
    Bonne-Espérance et de Givry existent parmi les mots qu'a retenus la poésie française.
    La mort de Wenceslas de Brabant amène un nouveau tournant dans la carrière de Froissart. Mais ce tournant n'est pas
    un bouleversement : il le fait passer du Centre à l'Entre-Sambre-et-Meuse sa voisine.
    Dès 1384, chapelain attitré de Gui de Bois, Froissart va de Beaumont à Chimay, ce qui ne l'empêche pas de risquer,
    jusqu'en 1394, de grands voyages.
    Hélas ! Le monde change. Lorsqu'il se rend à Paris en 1392, il est offusqué par le pouvoir des Marmousets, gens de
    petite naissance et de grandes finances, qui ne connaissent pas les lettres.
    L'année suivante, lorsqu'il va offrir à Richard II le fruit de trente-quatre années de labeur poétique, il est aussi
    profondément déçu par l'évolution de l'Angleterre.
    Bref, peut-on être et avoir été ? n'est-il pas préférable pour la postérité que, dans sa petite solitude paisible à l'ombre
    de la collégiale Sinte-Monégonde de Chimay, il ait continué la relation des évènement de son temps, en remaniant
    attentivement ses narrations premières ? Ainsi naîtront les troisième et quatrième rédactions de ses Chroniques.
    Au terme de cette biographie, on remarquera par ailleurs que nous n'avons même pas esquissé le portrait de Froissart.
    Nous ne disposons en fait pour réparer ce manquement que d'un hors texte du tome premier de l'édition Kervyn
    reproduisant un tableau qui figure dans la Galerie de la bibliothèque d'Arras.
    Jehan Froissart y est représenté jusqu'à mi-corps; les traits sont pris de profil; la calotte dissimule la chevelure; le
    Commune d'Estinnes
    http://www.estinnes.be Propulsé par Joomla! Généré: 24 December, 2009, 16:14
    vêtement, légèrement ouvert au cou, apparaît sous la robe de chanoine; le bras gauche est à peine dessiné. Le visage
    exprime une bonhommie sympathique, souriante, dénuée de toute sévérité; les joues sont plutôt replètes qu'amaigries;
    tout respire la santé solide et le contentement de vivre...Froissart, que la plupart des manuels de littérature tendent à
    considérer comme l'un des écrivains les plus significatifs du XIVè siècle, est hennuyer. Littérateur complet, il écrit des
    poésies lyriques, du roman en vers et de l'histoire en prose.Froissart écrit dans la langue qui précède immédiatement
    le moyen français; déjà le français n'est plus ce qu'il était à l'époque de la Chanson de Roland, il s'affranchit de certaines
    habitudes et de certaines règles; il tend à devenir ce qui sera la langue de Jean Lemaire de Belges, annonciatrice ellemême
    de celle de Ronsard. Or, en l'absence de toute centralisation politique qui puisse instaurer un contrôle du bon
    usage, cette langue est puissamment influencée par les traditions du pays natal. Le vieux français de Froissart sera donc
    riche "d'irrégularités wallonnes". Et l'on se prend à rêver que nos wallons du Borinage ou de l'Entre-Sambre-et-Meuse
    pourraient retrouver la source de leur patois tandis que les autres lecteurs y prendraient contact avec des mots disparus
    ou désuets qui conservent encore "la spontanéité de la jeunesse".Il n'est pas indifférent qu'au XIVè siècle, le beurre
    s'appelait "bure" et, inversement, la mûre, "meure".Rétrospectivement, nos patoisants auraient raison. Toujours, c'est
    "toudis"; retourner, "raler"; vite, "rade"... Quelqu'un qui tombe ? "Il chiet"... Ces exemples peuvent être multipliés.Jehan
    Froissart donne à nos Hennuyers la joie savoureuse de reconnaître dans une écriture glorieuse les brusqueries et les
    manies des gens du peuple.(d'après Pierre Bourgeois in "Froissart", extraits.
    Collection nouvelle des Classsiques, édit. Labor, Bruxelles)


    Commune d'Estinnes

     


    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :