• Il s'agit là d'un autre Jean Froissart

    UN PEU D’HISTOIRE…

    Georges Beaurain des Antiquaires de Picardie dans sa “Notice historique” sur Orival décrit des éléments de l’histoire d’Orival. Il nous cite la liste des Seigneurs d’Orival Elle est particulière longue pour la publier ici. Cependant voici les extraits suivants :

    LA SEIGNEURIE ET LES FIEFS MOUVANTS

    [...] Nous n’avons de certitude absolue, quant aux seigneurs  d’Orival qu’à partir de :

    1462 : Raoufequin de Riencourt qui présente,comme seigneur à la cure.

    1462-1742 : Les Riencourt. Marie-Catherine-Adélaïde de Riencourt, épouse à cette dernière date, François-Olivier de Saint-Georges, marquis de Vérac, et lui appporte Orival.

    1742-(jusqu’à la Révolution) : Les Saint-Georges.[...]

    Les seigneurs d’Orival n’avaient, dans leurs terres normandes que la moyenne et la basse justice. La haute justice appartenait aux seigneurs d’Aumale. C’est ce qui fait dire, en 1765, au marquis d’Orival, que ses terres normandes sont ” moins seigneuriales ” que ses terres picardes dans lesquelles il possédait précisément la haute justice.

    Rappelons que l’on désigne par basse justice, celle qui ne s’appliquait qu’aux affaires de peu d’importance et de haute justice, celle qui donnait Seigneur le droit de prononcer des peines capitales

    LE   CHÂTEAU.

    Les ” élévations ” du château d’Orival, de la tour d’Offignies, des églises d’Orival, de Lignières, de Saint- Saturnin, que fournit une pièce des Archives départementales de la Somme sont purement fantaisistes. Les églises nous sont parvenues elles ne ressemblent en rien aux petits dessins en question. Nous sommes assez renseignés sur la forme et l’aspect de la tour détruite d’Offignies pour en dire autant d’elle et, enfin, il est certain que le château d’Orival était autrement plus important et différent.

    Sur la motte rectangulaire qui seule nous est parvenue, le château comprenait un vaste corps de logis d’environ 120 pieds de long, tournant le dos à peu près au midi (Le pied est une ancienne mesure qui valait environ un tiers de mètre)

    Une aile, à l’Est, faisait retour d’équerre vers le Nord, sur une longueur de 70 pieds. Ces deux corps s’amortissaient en pavillons, formant saillie. A leur point de jonction étaient, extérieure­ment, une petite tourelle d’angle, carrée, à demi engagée et, intérieurement, une grosse tour à six pans, trois pans engagés. Une ” petite cour “, au Nord, occupait l’espace libre du rectangle de la motte.

    Dans ce château, on ne ramonait pas moins de 22 cheminées, en 1773. Sous la motte s’étendent, dit-on, d’importantes caves. L’admirable fronton du lit de la collection de M. le Docteur Herbet, qu’a reproduit la Société des Antiquaires de Picardie dans son Album archéologique donne une idée de ce que pouvait être le mobilier de ce château.

    La vente par  l’Administration des Domaines en commença le 10 juin 1793  produisit 11,583 livres.

    Tout fut dispersé à vil prix. La Bibliothèque de la ville d’Amiens conserve un Catalogue des livres du Château d’Orival dont le nombre avait été au moins augmenté en 1773.

    Divers bâtiments d’exploitation subsistent autour de la motte. Des ancres de fer inscrivent, sur l’un d’eux la date 1643. Le tout était entouré de jardins et du parc, sur 21 â 22 hectares (55 journaux 56 verges 1/3).

    ORGANISATION ECCLÉSIASTIQUE

    Avant la révolution : – Diocèse de Rouen, doyenné d’Aumale. Depuis, diocèse d’Amiens, doyenné d’Hornoy. Vocables : la Vierge et Saint-Martin. Présentateur : le Seigneur du lieu.

    Curés :

    - 1202 : Gautier;

    - vers 1250-1260: le curé est suspendu depuis longtemps, il n’est pas chapelain ;

    - 1469: Roger Le Carpentier démissionne et est remplacé par Nicolas Du Pont;

    - 1482 : Jean Froissart démissionne  et  est remplacé par Jean Boulloche

    - 1521 : Jean Canu

    - 1523 : Pierre Delisle ;

    - 1616 : Claude Vallée ;

    - 1640/ 1653 : Jean Damiette ;

    - 1675 : François Dessuslefour ;

    -1693/1704: Jean Le Clerc ;

    - 1707-1752 : P.Thibault ;

    - 1753-1754 : Charles-François Du Hamel

    - 1755 : Antoine-Charles Rose;

    -1769 : Cottret qui, le 30 janvier 1791, prêta serment à la Constitution.

    II y eut souvent un vicaire. Décimateur : le curé, alias l’évêque d’Amiens qui donne à ferme la dîme, en 1688, pour 9 ans, moyennant, par an, 200 livres.

    Revenu de la cure : – vers 1250-1260 : 30 livres tournois. En1469, les temps sont bien changés. On estime que le bénéfice ne rapporte pas 60 sols tournois nets (valeur 8 livres tournois).

    C’est ce qui explique les démissions de curés notées ci-dessus. Ils n’y pouvaient vivre.

    Le prieur d’Hornoy, d’ailleurs, prélevait sans doute le plus clair du revenu en prenant annuellement 19 mines de blé et autant d’avoine et 10 sols sur les grosses dîmes.

    ÉGLISE.

    Église en briques, du XVIème siècle, sans caractère. Voûtes en bois dont les poinçons et les tirants sont supprimés et les sablières cachées. Elle est entièrement plafonnée et poly­chromée, on a simulé une voûte en pierres d’appareil. Clocher sur piliers de bois noyés dans des piliers de plâtre, ronds, à cannelures. Porte murée, au bas de la nef, côté de l’épître. Au pignon, formant chevet droit, deux fenêtres à arc brisé, murées. Chapelle seigneuriale. Orientation Nord. Nord-Est 75°. Les seules choses intéressantes sont une vierge dans une niche extérieure, au-dessus du portail, et trois pierres tombales.

    Une seule pierre subsiste de nos jours dans la rue de l’ancienne école

     

    Il y eut trois cloches dès le XVIIème siècle. Elles dataient de 1616 et 1640. Elles furent remplacées, en 1771, par trois autres qu’on descendit ” le 6e jour de la 3e décade du 2e mois de l’an II ” (17 nov. 1793) et conduisit au chef-lieu du district d’Amiens. On du les remplacer, mais les trois actuelles ne datent que de 1881.

    Les croix et armoiries des “ci-devant seigneurs et autres signes féodaux et royalistes ” furent enlevés le 7 pluviôse an II (26 janv. 1794), les bancs, autels “et accompagnements” vendus le 12 mars suivant (22 ventôse).

    Au XVème siècle, le cimetière était autour de l’église. Le presbytère s’y accotait et aboutait au bois du seigneur, c’est à dire sans doute à ce qu’on a appelé plus tard “le Bois du pare “. Ce presbytère était “maison d’omosne”, mais n’était pas “maison croisée”. Il n’était pas chargé d’aucun cens ni rente. Le presbytère avant la destruction de l’ancienne église était évidemment à la place qu’occupait celui du XVème siècle, mais il ne subsiste guère de traces de cimetière autour de l’église. II y était pourtant encore en 1541 et sans doute plus tard aussi. Mais il du en être ôté de bonne heure, vers 1670, âge qu’attestaient les trois vénérables tilleuls qui le cantonnaient de nos jours, à la sortie du village, vers Boulainvillers.

    Ces tilleuls ont été abattus vers 1957 , 58 ans après que l’un d’eux ait été touché par la foudre.

    Il existait au XVème siècle, dans l’église, une confrérie de Notre-dame fondée dans un but de piété mais dépourvue de

    Il existait au XVème siècle, dans l’église, une confrérie de Notre-dame fondée dans un but de piété mais dépourvue de

    revenu, et, en 1638, une confrérie du Rosaire.

    D’après le registre aux délibérations, l’église n.aurait été fermée et les cérémonies du culte interrompues que pendant à peine une année, du 15 germinal an II au 5 germinal an III (4 avril 1794 au 22 mars 1795).

    MALADRERIE.

    II existait, au XVème siècle, une maladrerie. Elle était construite sur environ 20 verges (10 ares 20 centiares) de terre, dans le village même, en un endroit où la rue, plus large, avait une de ces extensions herbues, si communes encore de nos jours, et qui portaient alors le nom de “froc”. C’était une “maison croisée”, c’est-à-dire “sur laquelle était fichée une croix de bois pour indiquer qu’elle était tenue en pure et perpétuelle aumône et complètement en dehors de la juridiction séculière”. Cette définition est de Mr Léopold Delisle, et ce qu’on dit de cette maison croisée d’Orival y répond, au moins partielle­ment. En effet, on dit bien que c’est une “maison d’omosne”, mais la juridiction n’en était pas certaine. La maladrerie passait pour relever de la justice du comte d’Aumale. Elle était habitée vers 1640 par un seul homme, de qui on ne dit pas qu’il fût lépreux – comme on le dit du Jean le Duc, de la maladrerie croisée de Lafresnoye, à la même époque – mais ce paraît probable. On le nomme “Miguel des Yeis”. II faisait, à cause de cette habitation, 6 sols de rente à la fabrique de l’église qui, pourtant, n’apparaît pas propriétaire de cette maladrerie. Cette maison n’a laissé aucun souvenir dans les noms de lieux-dits, ni les rues d’Orival.

    ARCHIVES.

    Les registres paroissiaux commencent en 1675. Les notes sont rares. On trouve des actes de l’État-civil des Riencourt aux : 9 août 1684, 9 septembre 1685, 12 septembre 1686, 18 mai 1688, 2 juin 1689, 28 juillet 1691, 5 et 7 mai 1694, 17 juillet 1698, 9 janvier 1717, 25 mai et 10 septembre 1771, 27 février 1776.

    Le premier volume aux délibérations est couvert d’un morceau de parchemin qui est un fragment de registre de recette de la prévôté de Montfort, pour l’année 1558. Ce volume embrasse la période du 15 juillet 1787 au 18 avril 1796 (29 germinal an IV). ce n’est d’abord qu’une table des Arrêts et Décrets, puis du Bulletin des lois. Les délibérations concernant Orival ne commencent qu’à la page 108, au 10 prairial an IV.

    Pour terminer, il faut noter que le lieu-dit Courreaux qui, du reste, n’a jamais fait partie d’Orival avant l’époque contempo­raine. Avant la Révolution, son territoire fait partie de celui de Morvillers, il est de la paroisse de Saint-Saturnin et, sous la Révolution encore, il appartient à la municipalité de Morvillers ». Féodalement, il était picard et rattaché à Offignies.

    La partie autrefois dénommée « Couraux » a été rattachée à Orival par ordonnance royale du 8 décembre 1829.Courreaux ou Couraux (les deux orthographes existent) correspond à la partie du village située vers Morvillers ; seule, la partie située après le monument aux morts portait le nom d’Orival.

    Source : d’après le journal de l’association des jeunes  « AUREA VALLIS »  (1994)


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