• Gora

    Titre : Gora

    Auteur : Rabindranath Tagore

    Editeur : Le Serpent à Plumes - 2002

    Traduit de l’anglais par Marguerite Glotz

    ISBN : 284261321X

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    Roman de 700 pages, paru en 1907, de l’écrivain indien Rabindranath Tagore, Prix Nobel de littérature en 1913, Gora met en scène des personnages empêtrés dans les contradictions d’un pays à la fois riche et misérable de ses traditions millénaires confrontées aux aspirations d’hommes et de femmes à une modernité importée de l’Occident.

    Gora, qui donne son nom au livre, est un hindou nationaliste qui milite pour un retour fondamentaliste à la pureté de la religion ancestrale et à la stricte observation de ses rites et du cloisonnement des castes qui, selon lui, en constitue la structure sociale obligée.

    Binoy, son ami, est au début du roman son disciple et son admirateur.

    Binoy fait par hasard la rencontre de Sucharita et de son père adoptif, Paresh Babou, membres d’une famille brahmo qu’il est amené à fréquenter de plus en plus régulièrement, malgré les remontrances de son ami, pour qui les pratiques des adeptes de ce mouvement hindouiste réformiste (dont l’un des fondateurs fut le propre père de Rabindranath Tagore) sont hérétiques et imprégnées d’occidentalisme.

    Le roman raconte le cheminement personnel des deux amis d’enfance, tous deux de famille brahmine, leurs hésitations, leurs doutes, les conflits qui les opposent et qui, à plusieurs reprises, les sépare, au grand chagrin d’Anandamoyi, la mère de Gora, qui considère Binoy, orphelin, comme son deuxième fils.

    Gora rencontre à son tour Sucharita, et éprouve pour elle une affection croissante, tandis que Binoy tombe peu à peu amoureux de Lolita, sœur de Sucharita.

    Les communautés religieuses auxquelles appartiennent d’une part Gora et Binoy, d’autre part les deux sœurs, s’affrontent à travers eux et s’efforcent de briser ces relations que chaque partie considère comme indignes et impures.

    Binoy et Lolita surmontent un à un  les obstacles qu’on s’ingénie à dresser entre eux, et décident de se marier tout en restant fidèles, l’un et l’autre, à leur religion familiale.

    Gora renonce à Sucharita pour ne pas trahir sa foi et ses convictions militantes, jusqu’au jour où ses parents lui avouent qu’il n’est pas leur fils, et qu’il n’est donc pas brahmine, mais le fruit d’une union entre un Indien et une Anglaise.

    Certes l’amour triomphe, aidé par les circonstances (Binoy n’a plus de famille, Sucharita et Gora ont été adoptés) et par le caractère admirable de deux personnages se situant au-dessus des conventions de leur clan ( Paresh Babou, père de Sucharita, et Anandamoyi, mère de Gora) mais le roman pose, d’une manière passionnante, par l’action et le discours, du début à la fin, les questions essentielles, séculaires, de l’intolérance, du fanatisme, de la pesanteur des traditions, et, de la rigidité du système des castes.

    Un très beau livre.

    Patryck Froissart, St Benoît, le 20 février 2007


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